
Bilans et Publications Scientifiques
Depuis 2005, Cybelle Planète s’engage pour la préservation de la biodiversité marine grâce à son programme de sciences participatives. Cette page présente les bilans annuels des expéditions depuis 2019 ainsi qu’une synthèse des résultats de l’étude 2009-2020. Les publications scientifiques, nourries par les données recueillies par nos écovolontaires, sont également mises en lumière.
Bilans annuels des expéditions
Chaque année, nos bilans détaillent les données enregistrées lors des expéditions en mer, les espèces enregistrées, et les recommandations pour la conservation. Téléchargez ou consultez nos rapports récents :
Étude 2009-2020 : Une décennie d’observation
Téléchargement :
- Synthèse de l’étude
- Etude complète
- Annexe 1 : fiche espèces
- Annexe 2 : protocoles niveaux 1 et 2
- Annexe 3 : protocole expert
- Annexe 4 : etude socio-comportementale
Entre 2009 et 2020, Cybelle Méditerranée, le programme de sciences participatives de Cybelle Planète, a collecté une quantité importante de données sur la biodiversité marine du large en Méditerranée grâce à 1 178 écovolontaires et 453 plaisanciers et marins professionnels bénévoles. Ces contributions ont permis d’étudier plus de 35 espèces marines, dont des cétacés, tortues marines, poissons pélagiques, raies, requins et macroplancton. Voici une synthèse détaillée des résultats obtenus :
Synthèse du Bilan 2009-2020 : étude naturaliste
Objectifs de l’étude
L’étude vise à documenter l’évolution de la biodiversité pélagique en mer Méditerranée, à travers des observations citoyennes recueillies dans le cadre du programme de sciences participatives Cybelle Méditerranée. Les principaux objectifs sont :
- Évaluer les tendances temporelles des populations animales.
- Examiner les facteurs environnementaux influençant la distribution et l’abondance des espèces.
- Identifiant des particularités de l’année 2020 (post-confinement COVID-19).
Méthodologie
- Échantillonnage : Les données ont été recueillies via des protocoles standardisés (non-experts, avec effort, et experts) grâce à l’application OBSenMER.
- Variables environnementales : Les analyses ont pris en compte des variables telles que la bathymétrie, la distance à la côte, la température de surface, et la concentration en chlorophylle-a, indicatrice de la productivité primaire.
- Indicateurs étudiés : Les abondances et occurrences des espèces observées (cétacés, tortues marines, poissons pélagiques, macroplancton).
Hypothèses formulées
- Les données révèlent des tendances significatives dans les populations pélagiques.
- Les variables environnementales influencent fortement la répartition et l’abondance des espèces.
- L’année 2020 présente des dynamiques uniques liées aux impacts réduits des activités humaines pendant la pandémie.
Résultats principaux
Composition et abondance des communautés pélagiques
- Cétacés :
- Dauphin bleu et blanc ( Stenella coeruleoalba ) : Espèce la plus fréquemment mentionnée. Tendance stable sur 12 ans, mais influencé par la température de surface.
- Grand dauphin ( Tursiops truncatus ) : Distribution élargie côtière. Une légère diminution des événements a été relevée.
- Rorqual commun ( Balaenoptera physalus ) : Observations concentrées sur des zones spécifiques.
- Tortues marines :
- La tortue caouanne ( Caretta caretta ) a été régulièrement signalée, particulièrement dans des zones à forte concentration en macroplancton.
- Macroplancton :
- Les méduses, notamment Pelagia noctiluca , ont montré une augmentation notable en abondance, en lien avec la température et la productivité primaire.
Facteurs environnementaux
- Une corrélation positive entre l’abondance des cétacés et la concentration en chlorophylle-a, suggérant une influence forte de la disponibilité alimentaire.
- La bathymétrie et la distance à la côte sont des variables déterminantes pour la répartition des espèces.
Année 2020 : une dynamique particulière
- Post-confinement : Une augmentation relative des observations pour certaines espèces (dauphins et tortues), probablement attribuable à la réduction du bruit sous-marin et du trafic maritime.
- Température anormale : Les conditions environnementales en 2020 ont favorisé une abondance accumulée de certaines espèces comme les méduses.
Conclusions et implications
- Tendances générales : Les données montrent une stabilité ou des fluctuations mineures pour la majorité des cétacés étudiés, bien que certaines espèces montrent des déclins locaux.
- Particularités environnementales : Les résultats confirment l’importance des facteurs environnementaux dans la dynamique des espèces.
- Année 2020 : Les observations post-confinement illustrent l’impact direct des activités humaines sur la faune marine.
- Limites : La standardisation des protocoles reste un défi, notamment pour les observations non-experts, mais les données restent robustes pour des analyses à grande échelle.
Conclusions spécifiques et données clés
Cétacés
- Dauphin bleu et blanc ( Stenella coeruleoalba ) :
- C’est l’espèce la plus fréquemment mentionnée, représentant environ 40 % des occurrences totales de cétacés .
- Aucune tendance significative de déclin ou d’augmentation n’a été relevée sur les 12 années, suggérant une stabilité relative de cette population. Leur abondance est positivement corrélée à la concentration en chlorophylle-a.
- Grand dauphin ( Tursiops truncatus ) :
- Observé principalement près des côtes, avec 12 % des occurrences de cétacés .
- Une diminution locale des observations dans des zones à forte activité maritime a été signalée, notamment en Provence-Côte d’Azur.
- Rorqual commun ( Balaenoptera physalus ) :
- Comptabilisé dans 4 % des observations de cétacés . Sa distribution est concentrée dans des zones spécifiques (comme le Sanctuaire Pelagos), où les risques de collision avec les navires sont élevés.
- Une estimation indique plusieurs dizaines de collisions non signalées chaque année en Méditerranée occidentale, menaçant cette population déjà estimée à seulement environ 3 500 individus .
- Cachalot ( Physeter macrocephalus ) :
- Rarement observé, avec moins de 1 % des occurrences de cétacés . Cette espèce vulnérable souffre particulièrement du bruit sous-marin et des collisions.
Tortues marines
- Tortue caouanne ( Caretta caretta ) :
- L’espèce la plus fréquemment mentionnée parmi les tortues marines. Son abondance est particulièrement élevée dans les zones où le macroplancton (ex : méduses) est abondant.
- Les prises accidentelles restent une menace majeure.
- Autres espèces de tortues :
- Les observations de tortues luth ( Dermochelys coriacea ) et de tortues vertes ( Chelonia mydas ) sont rares et localisées.
Macroplancton (méduses)
- Les méduses comme Pelagia noctiluca ont montré une augmentation significative en abondance, en particulier après 2015. Ce phénomène est fortement lié au réchauffement des eaux et à une réduction des prédateurs naturels (ex : poissons-lunes, tortues marines).
Facteurs environnementaux
- Bathymétrie :
- Les espèces comme le cachalot et le rorqual commun sont majoritairement présentes dans des zones de profondeur supérieure à 1 000 mètres.
- Chlorophylle-a :
- La productivité primaire, mesurée par la concentration en chlorophylle-a, a montré une corrélation positive avec l’abondance des dauphins bleus et blancs.
Données spécifiques à 2020
- COVID-19 post-confinement :
- Une augmentation notable des observations de dauphins (+20 % par rapport à la moyenne des années précédentes) a été enregistrée, probablement liée à la réduction temporaire du trafic maritime et du bruit sous-marin.
- Températures anormales :
- Les eaux de surface plus chaudes ont favorisé l’abondance des méduses et influencent la répartition des espèces marines.
Synthèse chiffrée des observations (2009-2020)
- Nombre total d’observations : Plus de 10 000 signalements ont été collectés via OBSenMER, impliquant environ 35 espèces pélagiques étudiées .
- Effort de suivi : Les contributions combinées de 1 178 écovolontaires et de 453 plaisanciers ont couvert une superficie significative en Méditerranée occidentale.
- Cétacés : Les dauphins (bleus et blancs, grands dauphins) représentent environ 85 % des observations de mammifères marins .
- Tortues : Les signaux sont concentrés principalement dans les eaux chaudes au large des côtes méridionales.
Synthèse du Bilan 2009-2020 : analyse protocoles et recommandations techniques
Analyse des protocoles
Le programme Cybelle Méditerranée repose sur trois niveaux de protocoles d’observation, adaptés aux compétences des participants et à leurs objectifs :
1. Protocole non-expert
- Description : Accessible aux plaisirs sans formation préalable. Il s’agit de signalements ponctuels (observations brèves et opportunistes).
- Avantages :
- Permet une couverture géographique large grâce à un grand nombre de participants.
- Utile pour identifier les zones de forte occurrence d’espèces (cartographie basique).
- Inconvénients :
- Données souvent moins précises et moins fiables.
- Imprécisions sur la localisation et l’identification des espèces.
- Performances :
- 45 % des observations totales proviennent de ce protocole. Cependant, la diversité des espèces signalées est moindre comparée aux autres protocoles.
2. Protocole avec effort (intermédiaire)
- Description : Observations réalisées sur une période déterminée avec des efforts documentés (par exemple, le suivi de transects spécifiques).
- Avantages :
- Permet des analyses quantitatives (abondance relative, densité d’espèces).
- Standardisation des données facilitant les comparaisons spatio-temporelles.
- Inconvénients :
- Moins de participants en raison de l’exigence d’un effort structuré.
- Performances :
- Données utiles pour analyser les effets des variables environnementales et des pressions anthropiques.
3. Expert en protocoles
- Description : Réalisé par des écovolontaires encadrés par les écoguides naturalistes formés de Cybelle Planète. Inclut l’utilisation de l’application OBSenMER Expert .
- Avantages :
- Données de haute qualité, incluant des observations détaillées (photo-identifications, comportement animal, conditions environnementales).
- Idéal pour les analyses approfondies, comme les interactions interspécifiques ou l’impact des activités humaines.
- Inconvénients :
- Limité en termes de volume de données et de couverture géographique.
- Demande de ressources humaines et financières importantes.
- Performances :
- Les 10 % des observations recueillies via ce protocole fournissent des données essentielles pour les publications scientifiques.
Comparaison des protocoles
- Diversité des espèces observées :
- Le protocole expert enregistre environ 30 % de diversité en plus par rapport au protocole non expert.
- Les espèces rares (ex : cachalot, tortue luth) sont presque exclusivement signalées dans le cadre des protocoles avec effort ou expert.
- Taux d’occurrence par protocole :
- Le protocole non expert permet de collecter une grande quantité de données d’occurrence, mais les biais spatiaux et saisonniers sont significatifs.
- Les protocoles avec effort et expert offrent une meilleure fiabilité pour établir des tendances temporelles et spatiales.
- Effort d’observation :
- Les données standardisées (avec effort ou expert) permettent de corréler les observations aux variables environnementales (température, bathymétrie, chlorophylle-a).
Recommandations techniques
1. Optimisation des protocoles
- Maintenir le protocole non expert pour son rôle clé dans la sensibilisation et la collecte à grande échelle. Cependant, il faut renforcer la formation des participants pour améliorer la qualité des données (par exemple, par des tutoriels ou formations en ligne).
- Augmenter le recours au protocole avec effort en proposant des guides simplifiés et des récompenses (certificats de participation, reconnaissance publique).
- Développer davantage le protocole expert , en favorisant les partenariats avec des organismes scientifiques pour mutualiser les ressources.
2. Formation et encadrement
- Créer des modules de formation accessibles en ligne pour les plaisanciers et les écovolontaires.
- Standardiser les protocoles en fonction des niveaux de compétence et des outils disponibles (par exemple, simplification des formulaires OBSenMER).
3. Améliorations des outils numériques
- OBSERVATION :
- Optimiser l’application mobile pour faciliter la saisie des données (géolocalisation automatisée, reconnaissance d’espèces assistée par IA).
- Intégrer des fonctionnalités éducatives pour sensibiliser les utilisateurs (quiz sur les espèces, conseils d’observation).
- Renforcer les capacités de la plateforme OBSenMER pour mieux gérer les grandes bases de données et faciliter leur accès pour la communauté scientifique.
4. Sensibilisation et communication
- Encourager la participation des plaisanciers en mettant en avant l’impact direct de leurs contributions sur la recherche scientifique.
- Créer des campagnes de sensibilisation ciblées pour promouvoir la science participative et la préservation de la biodiversité.
Notre contribution en chiffres
+ 20
publications et rapports scientifiques ont utilisés les données collectées lors de nos expéditions en mer
+2000
écovolontaires ont contribué à l’avancée de des connaissances sur la faune pélagique en mer méditerranée
500 heures
d’observation en mer chaque année
5900
animaux pélagiques signalés en moyenne chaque année
Publications Scientifiques : Contributions de nos données
Les données enregistrées lors des expéditions ont alimenté de nombreuses études scientifiques, contribuant à une meilleure compréhension de la biodiversité marine et des pressions qu’elle subit. Ci-dessous une ligne non-exhaustive des publications et rapports qui ont utilisés des données collectées à bord de nos expéditions en mer méditerranée.
Guido Gnone et al. (2025). Investigating the presence of different bottlenose dolphin ecotypes in the Mediterranean Sea. Scientific Reports, 15:5526.
Cette étude collaborative internationale vise à déterminer si plusieurs écotypes du grand dauphin (Tursiops truncatus) coexistent en Méditerranée, en particulier un écotype « pélagique » distinct de l’écotype « côtier », comme cela a été observé dans l’Atlantique. L’analyse repose sur un ensemble massif de données collectées de 2004 à 2019 par 43 structures dans l’ensemble du bassin méditerranéen, intégrées via la plateforme Intercet. L’étude exploite à la fois les efforts de suivi en mer (près de 958 000 km parcourus) et l’identification individuelle de 4 919 dauphins via photo-identification.
L’analyse des taux de rencontre (ER) par tranche bathymétrique indique que la majorité des observations se concentrent sur le plateau continental (<200 m de profondeur), suggérant une préférence nette pour les habitats côtiers. Seules deux zones — la mer d’Alboran et l’ouest de la Corse — montrent une activité plus marquée au-delà de la limite du plateau, sans que cela ne traduise une réelle ségrégation écologique.
Les analyses de réseaux sociaux basées sur les cooccurrences entre individus ne révèlent pas d’isolement structurel entre des groupes potentiellement « pélagiques » et « côtiers ». La quasi-totalité des individus photographiés étaient soit exclusivement observés en zone côtière, soit présents dans les deux domaines, mais sans différenciation comportementale ou sociale claire. Bien que certains indices génétiques antérieurs suggèrent l’existence d’un écotype pélagique, cette étude ne trouve pas de preuve concrète de son existence actuelle en Méditerranée. Elle conclut que les populations observées forment plutôt une mosaïque de sous-unités côtières, partiellement connectées, potentiellement influencées par la topographie des fonds marins et les activités anthropiques.
Mise en valeur de la contribution de Cybelle Planète
Parmi les 43 structures ayant contribué à cette vaste analyse, Cybelle Planète et son programme de sciences participatives en mer méditerranée ont joué un rôle crucial en fournissant des données de photo-identification et de suivi en mer collectées de manière rigoureuse entre 2005 et 2019. Leur participation a permis de documenter la présence et la fidélité spatiale de nombreux individus dans les eaux du large, notamment dans des zones de transition entre plateau continental et milieu pélagique. Ces données, issues de la science participative, sont d’une valeur scientifique rare car elles offrent une couverture temporelle longue et spatialement diversifiée, enrichissant significativement les analyses de réseaux sociaux et les comparaisons interrégionales. Ce travail confirme que les données citoyennes, lorsqu’elles sont bien encadrées et intégrées dans des plateformes collaboratives comme Intercet, deviennent un levier essentiel pour les recherches à grande échelle sur la structure des populations de cétacés.
Gnone, G., Bellingeri, M., Airoldi, S., Gonzalvo, J., David, L., Di-Méglio, N., Cañadas, A.M., et al. (2023).
Diversity, 15(3), 321. DOI: 10.3390/d15030321
Diversity, 15(3), 321. DOI: 10.3390/d15030321
Objet de l’étude :
Cette étude vise à mieux comprendre la répartition des cétacés en mer Méditerranée, en analysant les taux de rencontre des différentes espèces, leur abondance relative et les zones de forte diversité (« hotspots »). L’analyse repose sur un ensemble de données collectées par 32 unités de recherche entre 2004 et 2018, regroupées sur la plateforme web-GIS Intercet.
Méthodologie :
- Données issues de 795 989 km de transects d’observation.
- Utilisation de trois indicateurs :
- Taux de rencontre (nombre d’observations par km parcouru).
- Prévalence des espèces (fréquence relative de chaque espèce).
- Indice de diversité de Shannon (mesure de la diversité des espèces).
- Classification des zones en fonction de la profondeur :
- Plateau continental (0–200 m)
- Talus continental (200–2000 m)
- Domaine pélagique (>2000 m)
Résultats principaux :
1. Répartition des espèces
- 12 espèces de cétacés identifiées, dont 9 régulièrement observées.
- Les 4 espèces dominantes en Méditerranée :
- Dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba) : 50,4 % des observations.
- Grand dauphin (Tursiops truncatus) : 22,8 %.
- Rorqual commun (Balaenoptera physalus) : 12,4 %.
- Cachalot (Physeter macrocephalus) : 5,6 %.
- Distribution préférentielle :
- Dauphins : eaux profondes >200 m.
- Grand dauphin : plateau continental.
- Rorqual commun : domaine pélagique.
- Cachalot : talus continental et eaux pélagiques.
2. Zones de haute diversité (« hotspots »)
- Mer d’Alboran et Sanctuaire Pelagos = zones de forte diversité.
- La diversité est généralement plus faible en Méditerranée qu’en Atlantique.
- La production primaire et la topographie du fond marin influencent la répartition des cétacés.
3. Évolution temporelle et facteurs influents
- La diversité semble stable, mais les tendances temporelles varient selon les régions.
- Influence des activités humaines : pêche, trafic maritime et pollution plastique.
- Importance des efforts de conservation pour maintenir la diversité biologique (Directive-cadre Stratégie pour le Milieu Marin, D1).
Apport des données de Cybelle Planète
- Cybelle Planète est mentionné comme contributeur de la base de données Intercet.
- Ses observations en Méditerranée nord-occidentale ont aidé à affiner l’analyse des taux de rencontre et de la diversité.
- L’implication de Léa David et Nathalie Di-Méglio dans l’étude témoigne du rôle clé de Cybelle Méditerranée dans le suivi des cétacés.
Conclusion :
L’étude met en évidence une forte concentration de la diversité cétologique dans certaines régions méditerranéennes, notamment en Alboran et dans le Sanctuaire Pelagos. La répartition des espèces est principalement influencée par la profondeur, la topographie et la production primaire. Le partage des données via des plateformes collaboratives, comme Intercet, est essentiel pour affiner notre compréhension des écosystèmes marins et orienter les actions de conservation.
Arnal C., Coux C., 2021.
Programme de sciences participatives Cybelle Méditerranée : Bilan 2009-2020 : Étude naturaliste, Analyse du programme, Recommandations techniques. Association Cybelle Planète, 158 pages.
Programme de sciences participatives Cybelle Méditerranée : Bilan 2009-2020 : Étude naturaliste, Analyse du programme, Recommandations techniques. Association Cybelle Planète, 158 pages.
Le rapport Bilan 2009-2020 de Cybelle Méditerranée synthétise 12 ans de collecte de données sur la mégafaune marine méditerranéenne via des sciences participatives. Ce programme s’appuie sur la contribution de 1178 écovolontaires et de nombreux plaisanciers bénévoles pour documenter la biodiversité marine.
Contexte et objectifs
La Méditerranée est un « point chaud » de biodiversité, mais sa faune pélagique reste sous-étudiée. Le programme vise à :
- Évaluer l’état des populations marines sur le long terme.
- Sensibiliser le public à la conservation de la biodiversité.
- Tester l’efficacité des protocoles participatifs, notamment via l’outil OBSenMER.
Méthodologie
Les données ont été enregistrées grâce à trois niveaux de protocoles (ponctuel, avec effort, expert) intégrant des variables environnementales (température, bathymétrie, chlorophylle a). Ces protocoles permettent une observation standardisée et reproductible sur un vaste territoire.
Résultats clés
- Cétacés : Les espèces dominantes sont le rorqual commun et le dauphin bleu et blanc. Les abondances varient selon la saison et les conditions environnementales.
- Corrélations inter-espèces : Les fluctuations des populations de cétacés sont influencées par les conditions océaniques et la distribution des proies.
- Impact du confinement (2020) : Une réduction des pressions anthropiques a permis d’observer une augmentation de la présence humaine, soulignant l’influence des activités.
Recommandations
Le rapport souligne l’importance de :
- Maintenir un suivi temporel pour détecter les tendances à long terme.
- Promouvoir l’utilisation d’outils numériques (OBSenMER) pour élargir la participation.
- Renforcer la sensibilisation des plaisanciers.
Conclusion
Ce bilan démontre la pertinence des sciences participatives pour enrichir les connaissances sur la biodiversité marine. Les contributions de Cybelle Planète et de ses partenaires jouent un rôle clé dans la gestion adaptative des écosystèmes méditerranéens.This is a placeholder tab content. It is important to have the necessary information in the block, but at this stage, it is just a placeholder to help you visualise how the content is displayed. Feel free to edit this with your actual content.
Casale P., Hochscheid S., Kaska Y., Panagopoulou A. (Eds.) (2020). Sea Turtles in the Mediterranean Region: MTSG Annual Regional Report 2020. Report of the IUCN-SSC Marine Turtle Specialist Group, 2020.
Objet de l’étude :
Ce rapport, publié par le Marine Turtle Specialist Group (MTSG) de l’IUCN, dresse un bilan de l’état des populations de tortues marines en Méditerranée en 2020. Il compile les connaissances scientifiques sur leur distribution, abondance, menaces et efforts de conservation. Une attention particulière est portée aux données collectées en Méditerranée française, avec l’implication de plusieurs organisations, dont Cybelle Planète.
Méthodologie :
- Compilation de données issues de suivis par télémétrie satellite, observations en mer, échouages et captures accidentelles.
- Utilisation de campagnes aériennes et de transects en ferry pour estimer la distribution et l’abondance des tortues marines.
- Analyses génétiques pour retracer l’origine des populations fréquentant la Méditerranée française.
Résultats principaux :
1. Répartition et abondance des tortues marines en Méditerranée française
- Caretta caretta (Tortue caouanne) : Espèce majoritaire avec 96 % des observations entre 2007 et 2019.
- Les suivis par télémétrie montrent que les individus relâchés en France se déplacent principalement en Méditerranée occidentale, jusqu’en Italie, Espagne et Afrique du Nord.
- Nidification occasionnelle confirmée en France (ex. St Tropez en 2006, Villeneuve-lès-Maguelone en 2018, Ghisonaccia en 2019).
- Le Golfe du Lion est une zone clé d’alimentation et d’hivernage.
- Chelonia mydas (Tortue verte) : Rare en Méditerranée française, seulement 26 observations entre 1965 et 2019.
- Dermochelys coriacea (Tortue luth) : Présente toute l’année en petit nombre (45 individus observés entre 2007 et 2019).
2. Menaces principales
- Captures accidentelles dans les pêcheries :
- 34 captures par an en moyenne avec 7,3 décès annuels dus aux filets maillants (51 % des mortalités), chaluts (20 %), et palangres.
- Hivernage des tortues dans le Golfe du Lion coïncidant avec les activités de pêche, augmentant ainsi le risque d’interactions.
- Collisions avec les navires :
- 3 collisions recensées par an en moyenne, avec 2 décès par an.
- Pollution marine :
- Ingestion de plastiques atteignant 100 % des individus examinés en Corse.
- Enchevêtrements avec des filets fantômes (filets de pêche abandonnés).
3. Mesures de conservation et actions en cours
- Protéger les habitats des tortues :
- Surveillance accrue des plages pour détecter la nidification (expérimentation avec des chiens renifleurs en cours).
- Limiter les captures accidentelles :
- Formation des pêcheurs aux bonnes pratiques de remise à l’eau des tortues capturées.
- Développement de dispositifs de réduction des captures accidentelles.
- Surveillance et suivi scientifique :
- Déploiement de balises satellites sur les tortues réhabilitées pour mieux comprendre leurs déplacements.
- Études génétiques pour déterminer l’origine des populations fréquentant la France.
4. Implication de Cybelle Planète
- Cybelle Planète est mentionnée dans les remerciements pour son rôle dans la collecte de données.
- Ses observations, notamment à travers OBSenMER, contribuent aux bases de données sur la distribution et l’état des populations.
- Son partenariat avec des institutions comme EcoOcéan Institut et l’ACCOBAMS renforce la surveillance et la conservation des tortues marines.
Conclusion :
Ce rapport met en évidence l’importance croissante des eaux françaises pour la conservation des tortues marines, notamment pour la tortue caouanne qui y trouve des habitats d’alimentation, d’hivernage et désormais de nidification.
La pêche accidentelle et la pollution plastique restent les menaces majeures. Le renforcement des actions de conservation, incluant la collaboration avec les pêcheurs et l’amélioration du suivi génétique et télémétrique, est essentiel pour protéger ces espèces en Méditerranée.
Blangy, S., Lhoste, V., Arnal, C., Carré, J., Chapot, A., Chuine, I., Darmon, G., Joly, A., Monestiez, P., & Bonnet, P. (2018). Technologie et innovation, 18-3 (Innovations citoyennes). DOI : 10.21494/ISTE.OP.2018.0289.
Objet de l’étude :
Cette étude explore les nouvelles formes d’implication des citoyens dans les sciences participatives, au-delà de la simple collecte de données. Elle analyse comment les citoyens peuvent être impliqués dans l’interprétation des données et la co-construction des analyses, et propose une typologie des projets de sciences citoyennes en fonction de leur degré d’implication du public.
Méthodologie :
Les auteurs ont analysé une trentaine d’exemples de projets de sciences participatives, en identifiant les types d’implication citoyenne, les outils utilisés et les facteurs favorisant l’engagement. Ils ont établi une typologie des projets selon leur capacité à inclure les participants dans l’analyse et l’interprétation des données.
Résultats clés :
- Typologie des projets de sciences citoyennes :
- Participation extractive : Les citoyens ne font que collecter des données (ex : Snapshot Serengeti).
- Participation limitée : Les citoyens suivent un protocole précis pour une étape spécifique (ex : Tea Time 4 Science).
- Participation structurée : Les citoyens peuvent interagir avec les données collectées et organiser des groupes d’analyse (ex : Nature Note Book).
- Participation holistique : Les citoyens participent à toutes les étapes de la démarche scientifique, y compris l’interprétation et la prise de décision (ex : Shale Gas Monitoring Project).
- Facteurs de succès des sciences citoyennes avancées :
- Utilisation conjointe d’outils numériques et d’ateliers en présentiel pour renforcer la formation et l’engagement.
- Co-construction des projets de recherche avec les citoyens dès la formulation des hypothèses.
- Renforcement de la montée en compétence des participants, via la formation et l’accès aux analyses.
- Impact des sciences citoyennes sur la recherche scientifique et la société :
- Meilleure intégration des citoyens aux problématiques scientifiques.
- Approfondissement des analyses grâce à l’implication collective.
- Émergence de nouveaux questionnements et de nouvelles méthodes de recherche.
Apport des données de Cybelle Planète :
L’auteure Céline Arnal, membre de Cybelle Planète, est co-auteure de cette publication, ce qui indique que Cybelle Planète est impliqué dans ces nouvelles approches de sciences citoyennes. L’étude met en avant l’importance de projets comme ceux menés par Cybelle Planète, qui pourraient évoluer vers une participation plus active des citoyens dans l’analyse et l’interprétation des données.
Conclusion :
L’implication des citoyens dans toutes les étapes des sciences participatives peut améliorer la qualité et la portée des résultats scientifiques. Pour maximiser cet impact, il est essentiel d’offrir des outils numériques interactifs, de favoriser l’apprentissage collectif et d’intégrer les citoyens dès la conception des projets.
Di-Méglio, N., David, L., & Monestiez, P. (2018). Sperm Whale Ship Strikes in the Pelagos Sanctuary and Adjacent Waters: Assessing and Mapping Collision Risks in Summer. Journal of Cetacean Research and Management, 18, 135–147.
Cet article analyse les risques de collision entre les navires et les cachalots (Physeter macrocephalus) dans le Sanctuaire Pelagos et les eaux adjacentes, durant l’été (juin à septembre). En croisant des données de distribution des cachalots avec des cartes de densité du trafic maritime, les auteurs identifient les zones à haut risque et évaluent l’efficacité des mesures d’atténuation existantes.
Méthodologie
Les observations visuelles ont été recueillies sur une période de 14 ans (1994-2008), couvrant plus de 95 000 km de transects. Les modèles de krigeage ont permis de cartographier la densité des cachalots. Ces données ont été croisées avec celles des trajets des navires commerciaux, regroupés en trois catégories : ferries conventionnels, ferries rapides et navires marchands.
Résultats
- Distribution des cachalots :
- Les zones à haute densité se situent principalement le long du talus continental, notamment entre Gênes et Toulon.
- La répartition est influencée par la présence de canyons sous-marins, propices à l’alimentation.
- Collisions potentielles :
- Environ 74 cachalots sont à risque de collision chaque été, principalement avec des ferries conventionnels (58 % des collisions estimées).
- Les zones critiques incluent le nord du Sanctuaire, les abords de la Corse et la mer Ligure.
- Marques de collision :
- 9 % des cachalots photo-identifiés montrent des cicatrices attribuées à des collisions.
Recommandations
Les auteurs suggèrent l’application de mesures supplémentaires, comme la réduction des vitesses des navires, l’utilisation accrue de systèmes d’alerte en temps réel (e.g., REPCET) et la sensibilisation des équipages.
Conclusion
Les résultats soulignent l’importance de zones spécifiques pour la conservation des cachalots. Ils appellent à une meilleure gestion du trafic maritime dans le Sanctuaire Pelagos, renforçant l’urgence d’actions concrètes pour réduire les collisions. Cybelle Planète, en tant que fournisseur de données, joue un rôle crucial dans ces recherches.
Belhadjer, A., David, L., Di-Méglio, N., Jourdan, J., Labach, H., Martin, A., Ratel, M. et Roul, M. (2016).
Valorisation des données opportunistes d’observation de cétacés dans le Sanctuaire Pelagos . Rapport GIS3M pour le Parc national de Port-Cros, 99 pages + annexes.
Valorisation des données opportunistes d’observation de cétacés dans le Sanctuaire Pelagos . Rapport GIS3M pour le Parc national de Port-Cros, 99 pages + annexes.
Ce rapport analyse et valorise des données opportunistes sur les cétacés conservés dans le Sanctuaire Pelagos entre 1996 et 2016. Ces données, issues de diverses sources (marine marchande, baleine-watching, aires marines protégées, particulières), complètent les observations scientifiques sur les cétacés. en Méditerranée nord-occidentale.
Objectifs
- Exploiter les données opportunistes pour enrichir les connaissances sur les populations de cétacés et leur distribution spatio-temporelle.
- Proposer une plateforme en ligne dédiée pour centraliser, valider, et valoriser ces données auprès des chercheurs, gestionnaires et du public.
Résultats principaux
- Répartition des données : 66 % des observations proviennent du Sanctuaire Pelagos, majoritairement recueillies en été. Les rorquals communs et les dauphins bleus et blancs sont les espèces les plus fréquentes.
- Validité des données : 68 % des données ont été jugées « fiables » après un tri rigoureux.
- Contributions des fournisseurs : Les associations environnementales, les opérateurs d’observation des baleines et la marine marchande représentent les principales sources.
- Analyse démographique : Les observations de groupes contenant des jeunes/nouveaux-nés restent limitées, soulignant un besoin de protocoles plus précis.
Impact des données opportunistes
Ces données comblent les lacunes géographiques et saisonnières des campagnes scientifiques, notamment dans les zones peu étudiées et hors saison estivale. Cependant, leur valeur est conditionnée par une collecte standardisée et des formations spécifiques pour les observateurs.
Recommandations
Le rapport propose une plateforme dédiée pour améliorer la collecte, la validation et la diffusion des données. Cette initiative inclut des outils tels que REPCET et un protocole commun pour maximiser l’utilité des données.
Di-Méglio, N., Tardy, C., Roul, M., David, L., Ody, D., Jacob, T., Gimenez, O., & Labach, H. (2016). Éléments de structure et dynamique des populations de Cachalot et Globicéphale noir fréquentant le bassin de Méditerranée nord-occidentale. Parc National de Port-Cros, GIS 3M, Rapport Final N° 14-038.
Ce rapport analyse les structures et dynamiques des populations de cachalots (Physeter macrocephalus) et de globicéphales noirs (Globicephala melas) en Méditerranée nord-occidentale, à partir de données collectées entre 1992 et 2015. L’objectif principal est d’améliorer les connaissances pour une gestion efficace des habitats critiques.
Méthodologie
Des données de prospection en mer, de photo-identification et de biopsies génétiques ont été compilées sur 86 055 km de transects réalisés par plusieurs partenaires, dont EcoOcéan Institut. Les analyses incluent des estimations d’abondance, de structure sociale, et de reproduction.
Résultats clés
- Globicéphales noirs :
- Une abondance estimée à 552 individus (IC 95 % : 313-886) avec une grande part d’individus transitoires.
- Les grands groupes (jusqu’à 100 individus) observés entre juin et octobre se concentrent dans des zones pélagiques, notamment une bande allant du Golfe du Lion à la mer Ligure. Ces zones sont essentielles pour la reproduction.
- Cachalots :
- Une abondance moyenne de 111 individus (IC 95 % : 30-213). La présence de groupes sociaux incluant des nouveau-nés et des jeunes confirme l’importance de cette région pour la reproduction.
- Les grands groupes se localisent principalement au-delà des isobathes de 2000 m, avec des densités plus élevées en été et en automne.
Recommandations
- Protéger les zones de reproduction identifiées pour les deux espèces.
- Maintenir des efforts de collecte de données pour affiner les modèles d’abondance.
- Sensibiliser les navigateurs pour réduire les perturbations.
Conclusion
Le rapport met en lumière l’importance de la Méditerranée nord-occidentale comme habitat critique pour ces cétacés. Les données collectées, enrichies par Cybelle Planète et d’autres partenaires, sont essentielles pour informer les stratégies de conservation à long terme.
Tardy, C., Di-Méglio, N., Roul, M., David, L., Ody, D., Jacob, T., Gimenez, O., & Labach, H. (2016). Caractérisation de la population de rorquals communs fréquentant le bassin de Méditerranée nord-occidentale. Parc national de Port-Cros, GIS 3M, Rapport Final N° 14-040.
Ce rapport examine la population de rorquals communs (Balaenoptera physalus) en Méditerranée nord-occidentale, en consolidant 20 années de données d’observation (1992-2015) et d’identification (photo-ID, biopsies). L’objectif est de mieux comprendre leur dynamique et leurs habitats pour informer les efforts de conservation.
Méthodologie
Les analyses combinent photo-identification, biopsies génétiques et hormonales, et modélisation de capture-recapture. Les données proviennent de campagnes du WWF et d’EcoOcéan Institut (86 055 km parcourus). Le modèle de Cormack-Jolly-Seber a été utilisé pour estimer l’abondance.
Résultats principaux
- Abondance et structure sociale :
- Environ 1129 individus fréquentent la zone d’étude (IC 95 % : 705-1548).
- 79 % des individus ne sont observés qu’une seule fois, indiquant une présence transitoire ou une couverture d’échantillonnage insuffisante.
- Les groupes sont généralement petits (1,7 individus en moyenne), mais augmentent au printemps avec la présence de jeunes.
- Reproduction et distribution :
- Les femelles gestantes et les nouveau-nés se concentrent dans des zones spécifiques, notamment la mer Liguro-Provençale (fonds > 2000 m).
- La reproduction semble active dans toute la zone d’étude, avec des pics de gestation tous les 2-3 ans.
- Zones critiques :
- Deux secteurs clés pour la reproduction ont été identifiés : au large de la côte Liguro-Provençale et au sud des îles d’Hyères.
Recommandations
- Renforcer le suivi annuel et les efforts de sensibilisation sur les interactions navires-cétacés.
- Prioriser la protection des habitats reproductifs.
Conclusion
Les résultats soulignent l’importance de la Méditerranée nord-occidentale pour la conservation des rorquals communs, en identifiant des zones de reproduction cruciales. Les données collectées par Cybelle Planète et ses partenaires jouent un rôle central dans ces analyses.
Belhadjer, A., David, L., Di-Méglio, N., Jourdan, J., Labach, H., Martin, A., Ratel, M., & Roul, M. (2016). Valorisation des données opportunistes d’observation de cétacés dans le Sanctuaire Pelagos. Rapport GIS3M pour le Parc National de Port-Cros, 99 pages + annexes.
Ce rapport explore l’intégration et la valorisation des données opportunistes collectées entre 1996 et 2016 dans le Sanctuaire Pelagos. Ces observations, issues d’acteurs divers (marine marchande, whale-watching, associations), visent à enrichir les connaissances sur les cétacés tout en complétant les données scientifiques standard.
Objectifs et méthodologie
Le travail vise deux objectifs principaux : analyser les apports des données opportunistes et proposer une plateforme pour leur bancarisation et valorisation. Les données, triées pour leur fiabilité, ont été classées en trois catégories : fiables (68 %), probables (2 %), et incertaines (30 %). Des analyses spatio-temporelles ont été réalisées pour chaque espèce observée, incluant les classes d’âge et tailles de groupes.
Résultats principaux
- Répartition spatio-temporelle : 66 % des observations se situent dans le Sanctuaire Pelagos, avec une concentration notable dans la mer Liguro-Provençale.
- Espèces observées : Le dauphin bleu et blanc est dominant (53 %), suivi du rorqual commun (29 %) et du cachalot (7 %). Les observations de nouveau-nés sont limitées, entravant l’identification précise des zones de mise-bas.
- Données complémentaires : Les observations opportunistes enrichissent les connaissances des zones peu couvertes par les campagnes scientifiques, particulièrement en dehors de la période estivale.
Recommandations
Le rapport plaide pour une plateforme dédiée à la gestion des données opportunistes, intégrant des outils comme REPCET et des protocoles standardisés. Il souligne aussi l’importance de former les fournisseurs pour garantir la qualité des données.
Conclusion
Les données opportunistes sont un complément précieux aux campagnes scientifiques, en particulier pour combler les lacunes spatio-temporelles. Ce rapport met en avant le rôle des collaborations entre les parties prenantes, dont Cybelle Planète, pour maximiser l’impact des initiatives de conservation marine.
Belhadjer, A., David, L., Di-Méglio, N., Jourdan, J., Labach, H., Martin, A., Ratel, M., & Roul, M. (2016). Valorisation des données opportunistes d’observation de cétacés dans le Sanctuaire Pelagos. Rapport GIS 3M pour le Parc National de Port-Cros, 99 pages + annexes.
Ce rapport analyse et valorise 20 ans de données opportunistes collectées dans le Sanctuaire Pelagos pour mieux comprendre la répartition et les comportements des cétacés. L’objectif est de démontrer leur pertinence pour compléter les données issues de recherches scientifiques classiques.
Méthodologie
Les données opportunistes proviennent de 3 781 observations collectées entre 1996 et 2016 par divers acteurs (opérateurs de whale-watching, marins, plaisanciers). Après tri, 56 % des données (2 128 observations) ont été jugées « fiables » ou « probables ». Ces données ont été analysées pour :
- Cartographier la distribution spatio-temporelle des espèces.
- Identifier les zones et périodes critiques pour la reproduction et l’alimentation.
Résultats principaux
- Répartition spatio-temporelle :
- Les rorquals communs et les dauphins bleu et blanc dominent les observations, représentant respectivement 29 % et 53 % des données.
- Les dauphins de Risso et les globicéphales noirs se concentrent dans des zones spécifiques, principalement en été et automne.
- Habitat et reproduction :
- Les zones profondes (>2000 m) sont critiques pour le rorqual commun en été.
- Les groupes contenant des nouveau-nés sont sous-représentés, limitant l’identification précise des zones de mise-bas.
Recommandations
Le rapport propose la création d’une plateforme en ligne pour regrouper et partager ces données, améliorer leur fiabilité via la formation des contributeurs, et intégrer ces informations dans des systèmes de gestion en temps réel comme REPCET.
Conclusion
Les données opportunistes complètent efficacement les données scientifiques, particulièrement pour des zones et périodes peu étudiées. Cybelle Planète est mentionnée comme partenaire clé pour la collecte et la valorisation des données dans le cadre de ce projet collaboratif.
Di-Méglio, N., Roul, M., David, L., Gimenez, O., Azzinari, C., Jourdan, J., Barbier, M., & Labach, H. (2015). Abondance et répartition spatio-temporelle et fonctionnelle du Grand dauphin dans le Golfe du Lion. Projet GDEGeM, Rapport GIS3M, EcoOcéan Institut, BREACH, GECEM, 79 p. + annexes.
Ce rapport présente les résultats du projet GDEGeM, mené de 2013 à 2015, visant à améliorer les connaissances sur le grand dauphin (Tursiops truncatus) dans le Golfe du Lion. Les données issues de campagnes de photo-identification et de biopsies permettent une analyse approfondie de la répartition, des comportements, et de l’abondance de cette espèce dans la région.
Méthodologie
Des campagnes saisonnières (206 sorties, 12 860 km parcourus) ont permis de collecter des données d’effort et d’observation sur le plateau continental. La photo-identification et les analyses génétiques ont été utilisées pour suivre 834 individus, dont 248 observés au moins deux fois.
Résultats clés
- Répartition spatio-temporelle :
- Les dauphins fréquentent le plateau toute l’année, avec une densité maximale en été (0,27 ind./km²) et une dispersion vers le large en hiver.
- Les zones côtières (0-12 NM) entre la Camargue et Fos-sur-Mer, ainsi qu’au large d’Agde, sont les plus fréquentées.
- Abondance et comportements :
- L’abondance moyenne est estimée à 655 individus (IC 95 % : 385-1095), dont 53 % sont résidents.
- 38 % des groupes observés sont en alimentation, souvent en interaction avec des chalutiers (74 % des cas).
- Reproduction :
- La présence de nouveau-nés tout au long de l’année (3,9 % de la population) confirme le rôle du Golfe comme habitat de reproduction.
Recommandations
Le rapport propose d’intensifier les efforts de conservation dans les zones clés, d’intégrer les données dans une plateforme commune, et de renforcer la collaboration entre les aires marines protégées.
Conclusion
Le Golfe du Lion représente un habitat essentiel pour les grands dauphins en Méditerranée nord-occidentale. Ce travail met en lumière l’importance d’initiatives collaboratives et de sciences participatives pour garantir leur conservation.
Labach, H., Dhermain, F., Bompar, J.-M., Dupraz, F., Couvat, J., David, L., & Di-Méglio, N. (2015). Analysis of 23 years of Risso’s dolphins photo-identification in the North-Western Mediterranean Sea, first results on movements and site fidelity. Scientific Reports of Port-Cros National Park, 29, 263–266.
Cette étude analyse 23 ans de données de photo-identification sur les dauphins de Risso (Grampus griseus) en Méditerranée nord-occidentale. L’objectif est d’évaluer les mouvements et la fidélité aux sites de cette espèce, souvent méconnue, afin de mieux comprendre sa dynamique et son utilisation des habitats.
Contexte et méthodologie
Les données collectées depuis 1989 ont été extraites de deux catalogues de photo-identification gérés par le GECEM et l’EcoOcéan Institut, couvrant 754 individus identifiés à partir de 896 photographies. La zone d’étude a été divisée en cinq sous-régions : plateau continental, Golfe du Lion, Provence occidentale, Provence orientale, et Ligurie.
Les analyses ont porté sur :
- La fidélité des individus aux sites (calculée en proportion des observations dans une zone donnée).
- Les distances intra- et interannuelles parcourues entre les observations.
Résultats principaux
- Recaptures et fidélité : Sur 754 individus identifiés, 179 recaptures ont été documentées, représentant 20 % des observations. La plupart des dauphins (68 %) ont été observés deux fois, mais certains jusqu’à quatre fois ou plus. La Provence continentale montre une fidélité élevée, tandis que les zones offshore semblent être utilisées de manière transitoire.
- Mouvements : Les distances entre observations intra-annuelles sont en moyenne de 33 km, tandis que les distances interannuelles atteignent 59 km, avec des déplacements exceptionnels supérieurs à 200 km.
Conclusion
Cette étude met en évidence une fidélité saisonnière au talus continental provençal, suggérant que cette zone pourrait servir de lieu d’alimentation clé. Les résultats préliminaires soulignent l’importance de la collaboration à long terme et de l’élargissement des efforts de collecte pour mieux caractériser cette population et établir des stratégies de conservation adaptées.
Impact
Cybelle Planète, partenaire de longue date, a contribué à enrichir les catalogues de données via ses efforts de sciences participatives, consolidant ainsi les bases pour une gestion éclairée des habitats des dauphins de Risso.
Mayol, P., Di-Méglio, N., David, L., Couvat, J., Labach, H., & Ratel, M. (2014). Le whale-watching en Méditerranée française : état des lieux et recommandations. Scientific Reports of Port-Cros National Park, 28, 133–143.
Cet article analyse l’état des lieux du whale-watching en Méditerranée française et propose des recommandations pour encadrer cette activité croissante. Avec une augmentation annuelle moyenne de 3,5 % du nombre d’opérateurs depuis les années 1980, le whale-watching est devenu une activité économique significative mais potentiellement perturbatrice pour les cétacés.
Méthodologie
Les auteurs ont recensé 32 opérateurs actifs en 2014, concentrés principalement entre La Ciotat et Le Lavandou, ainsi qu’au large de Menton et du Roussillon. Les zones à risque de dérangement ou de collision pour cinq espèces de cétacés ont été identifiées par le croisement des cartes de distribution des cétacés et des opérateurs.
Résultats principaux
- Impacts identifiés :
- Les risques de collision et de dérangement varient selon les espèces et les zones. Par exemple :
- Cachalot : Zones de risque faible à moyen, localisées sur le talus continental.
- Grand dauphin et dauphin de Risso : Risques élevés dans les zones côtières.
- Rorqual commun : Risques faibles à moyens dans les zones de plus de 2000 m de profondeur.
- Les risques de collision et de dérangement varient selon les espèces et les zones. Par exemple :
- Activités préoccupantes :
- La nage avec les cétacés, souvent associée à des détections aériennes, est jugée particulièrement intrusive et contraire aux réglementations en vigueur.
Recommandations
- Mise en place d’un label environnemental : Ce label, déjà amorcé par Pelagos et ACCOBAMS en 2007, vise à améliorer les pratiques des opérateurs.
- Formation et sensibilisation : La première session de formation des opérateurs a eu lieu en 2012.
- Régulation de l’activité : Les auteurs appellent à une limitation du nombre d’opérateurs et à un contrôle strict des pratiques pour préserver la durabilité de l’activité.
Conclusion
Ce travail souligne l’importance d’un encadrement rigoureux pour concilier les enjeux économiques et écologiques du whale-watching en Méditerranée française. Cybelle Planète est reconnue pour son rôle dans la collecte des données utilisées pour ces analyses.
Mayol, P., Di-Méglio, N., David, L., Serre, S., & Dhermain, F. (2013). Whale-Watching et Plaisance : Précision des connaissances et des mesures de gestion. Rapport final, GIS3M et Sanctuaire Pelagos, code projet 11-012 P7, réédition corrigée de novembre 2013.
Ce rapport analyse les interactions entre le whale-watching, la plaisance, et les cétacés dans le Sanctuaire Pelagos. En étudiant les impacts de ces activités sur les populations de cétacés, il propose des solutions pour une gestion durable.
Objectifs
L’objectif principal est d’identifier les impacts liés au whale-watching et à la plaisance, notamment les dérangements acoustiques et physiques, ainsi que les risques de collision. Les auteurs visent à fournir des recommandations pour minimiser ces effets.
Méthodologie
Les données incluent des observations en mer et des analyses socio-économiques des opérateurs. La distribution des activités humaines a été croisée avec les données de présence des cétacés pour créer des cartes de risques. Une attention particulière a été portée aux espèces vulnérables comme le rorqual commun (Balaenoptera physalus) et le dauphin à gros nez (Tursiops truncatus).
Résultats
- Impacts du whale-watching :
- Les perturbations varient selon l’intensité de l’activité et le comportement des opérateurs. Les mauvaises pratiques augmentent le stress des cétacés.
- Un label pour les opérateurs est en cours de déploiement, visant à améliorer les pratiques.
- Impacts de la plaisance :
- La densité des navires de plaisance est élevée en été, augmentant les risques de dérangement et de collision, surtout pour les dauphins côtiers.
- Les jets-skis posent un problème particulier en raison de leur vitesse et de leur manœuvrabilité.
- Zones à risque :
- Les zones côtières et les couloirs migratoires des rorquals et des dauphins sont les plus sensibles.
Recommandations
Le rapport préconise des mesures telles que la limitation de la vitesse des navires, la sensibilisation des plaisanciers, et la création de zones refuges pour les cétacés.
Laran, S., Delacourtie, F., Di Fulvio, T., David, L., Di-Méglio, N., & Monestiez, P. (2012). Synthèse sur la distribution des cétacés dans le Sanctuaire PELAGOS et les eaux adjacentes, mise en relation avec leur environnement. Scientific Reports of Port-Cros National Park, 26, 119–147.
Cette étude compile 14 ans de données (1994–2008) sur six espèces principales de cétacés dans le Sanctuaire Pelagos et ses eaux adjacentes. Elle vise à mieux comprendre leur distribution estivale et leur relation avec les caractéristiques environnementales. Les résultats sont basés sur 6 083 observations opportunistes et 51 046 km de transects réalisés en effort d’observation.
Méthodologie
Les données incluent des observations opportunistes et systématiques. Les analyses combinent des outils géostatistiques (krigeage) et des modèles d’habitat (ENFA, régressions logistiques) pour cartographier les zones favorables. Les facteurs environnementaux analysés incluent la profondeur, la température de surface, et la concentration en chlorophylle a.
Résultats principaux
- Distribution des espèces :
- Dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba) : Espèce la plus abondante (0,339 ind./km), largement distribuée en Méditerranée nord-occidentale.
- Rorqual commun (Balaenoptera physalus) : Préférences pour les zones profondes (> 2000 m) avec une répartition liée aux concentrations de chlorophylle a.
- Cachalot (Physeter macrocephalus) : Habitat fragmenté, principalement sur le talus continental.
- Globicéphale noir, Dauphin de Risso, et Grand dauphin : Espèces occupant des niches écologiques distinctes, souvent non superposées.
- Habitats critiques :
- Identification des habitats préférentiels pour le rorqual commun et le cachalot, essentiels pour la gestion des interactions avec le trafic maritime.
Recommandations
Les résultats fournissent des cartes de référence pour la conservation. Ils appellent à un suivi continu standardisé pour intégrer les variations spatio-temporelles et réduire les impacts anthropiques.
Conclusion
Cette étude constitue une base essentielle pour la gestion du Sanctuaire Pelagos, en offrant une vue d’ensemble des habitats critiques et des interactions potentielles avec les activités humaines. Cybelle Planète a contribué à enrichir cette synthèse par ses observations participatives.
Druon, J.-N., Panigada, S., David, L., Gannier, A., Mayol, P., Arcangeli, A., Cañadas, A., Laran, S., Di-Méglio, N., & Gauffier, P. (2012). Potential feeding habitat of fin whales in the western Mediterranean Sea: an environmental niche model. Marine Ecology Progress Series, 464, 289–306. DOI: 10.3354/meps09810.
Cet article propose un modèle écologique pour cartographier les habitats potentiels d’alimentation des rorquals communs (Balaenoptera physalus) en Méditerranée occidentale. En combinant des observations de terrain et des données satellitaires, il identifie les conditions environnementales favorisant la présence des baleines.
Objectifs
L’étude vise à comprendre où et quand les rorquals se nourrissent en Méditerranée, et à évaluer comment les caractéristiques environnementales influencent leur répartition. Le modèle s’appuie sur les gradients de température de surface (SST), les concentrations en chlorophylle a, et la profondeur.
Méthodologie
- Les données incluent 1451 observations géoréférencées de rorquals (2000–2011).
- Les variables clés incluent : fronts de chlorophylle a et SST, profondeur minimale (92 m).
- Des outils de détection d’arêtes permettent d’identifier les fronts océaniques, associés à la production primaire et aux zones riches en proies.
Résultats principaux
- Répartition des habitats : Les habitats alimentaires potentiels sont concentrés dans les zones dynamiques à forte circulation, comme le bassin Liguro-Provençal, avec des variations saisonnières et interannuelles.
- Variabilité temporelle : En été, les habitats sont plus restreints mais localement riches, tandis qu’en hiver, ils se dispersent sur une zone plus large.
- Corrélation avec les observations : Le modèle prédit correctement 80 % des observations à moins de 9,7 km des habitats potentiels.
Recommandations
Le modèle peut être utilisé pour informer les stratégies de conservation, notamment en intégrant des mesures dynamiques pour réduire les collisions entre navires et rorquals. Les auteurs recommandent une surveillance en temps réel via des systèmes comme REPCET.
Conclusion
Ce modèle innovant fournit un outil précieux pour identifier les habitats essentiels des rorquals et guider les mesures de protection dans des régions sensibles comme le Sanctuaire Pelagos. Les données collectées par des partenaires, dont Cybelle Planète, renforcent la robustesse des analyses.
David, L., & Di-Méglio, N. (2011). High Risk Areas of Collision Between Vessels and Cetaceans: A Multi-Species Approach in the Mediterranean Sea Based on the Modelling of Preferential Habitat. Presented at the 25th Annual Conference of the European Cetacean Society, 20–23 March 2011, Cadiz, Spain.
Cette étude identifie les zones à haut risque de collision entre navires et cétacés en Méditerranée nord-occidentale, en se basant sur des modèles d’habitat préférentiel pour le rorqual commun (Balaenoptera physalus) et le cachalot (Physeter macrocephalus). Elle combine des cartes d’habitat avec des données sur l’intensité du trafic maritime afin de proposer des mesures d’atténuation adaptées.
Méthodologie
Des observations ont été réalisées entre 1998 et 2008 sur plus de 68 000 km dans le Sanctuaire Pelagos, couvrant 349 observations de rorquals et 68 de cachalots. Les habitats préférentiels ont été modélisés à l’aide de l’Ecological Niche Factor Analysis (ENFA), tandis que les données sur le trafic maritime ont été collectées à partir de bases SCOT et des lignes de ferries en été.
Résultats principaux
- Rorquals communs : Leur habitat est principalement pélagique, au-delà de l’isobathe de 2000 m, avec des risques de collision élevés dans les zones ouvertes du sanctuaire, surtout la nuit, dus aux ferries et navires marchands.
- Cachalots : Ils fréquentent davantage les marges continentales, où ils sont exposés au trafic des ferries classiques et navires marchands, particulièrement le long des côtes françaises et italiennes.
Les cartes de risque montrent que les deux espèces sont impactées par des types de trafic différents, nécessitant une approche multi-espèces pour la gestion des collisions.
Recommandations
Les solutions proposées incluent :
- L’utilisation du système REPCET pour localiser les cétacés en temps réel.
- La sensibilisation des équipages.
- La mise en place de limitations de vitesse dans des zones critiques, telles que la mer Ligure pour les rorquals et le large de Toulon pour les cachalots.
- L’exploration de systèmes acoustiques pour la détection des cétacés.
Conclusion
Cette approche intégrée fournit une base solide pour guider la gestion des collisions dans le Sanctuaire Pelagos et au-delà, en associant innovation technique et collaboration avec les parties prenantes.
Gnone, G., Bellingeri, M., Dhermain, F., Dupraz, F., Nuti, S., Bedocchi, D., Moulins, A., Rosso, M., Alessi, J., McCrea, R.S., Azzellino, A., Airoldi, S., Portunato, N., Laran, S., David, L., Di-Meglio, N., Bonelli, P., Montesi, G., Trucchi, R., Fossa, F., & Wurtz, M. (2011). Distribution, Abundance, and Movements of the Bottlenose Dolphin (Tursiops truncatus) in the Pelagos Sanctuary MPA (North-West Mediterranean Sea). Aquatic Conservation: Marine and Freshwater Ecosystems, 21(4), 372–388. DOI: 10.1002/aqc.1191.
Cet article examine la distribution, l’abondance, et les déplacements des dauphins à gros nez (Tursiops truncatus) dans le Sanctuaire Pelagos, en Méditerranée nord-occidentale. L’étude, réalisée entre 1994 et 2007, repose sur les données de 10 groupes de recherche et utilise des techniques de photo-identification et des modèles de capture-recapture.
Objectifs et méthodologie
L’objectif principal est de mieux comprendre les dynamiques des populations locales, leur répartition spatiale et les interactions potentielles avec les activités humaines. Les données ont été collectées sur 170 000 km de transects. Les analyses incluent des cartographies SIG, des indices de densité, et des modèles de mouvements entre sous-zones.
Résultats principaux
- Distribution : Les dauphins préfèrent les eaux peu profondes (<200 m) et se concentrent autour de la Toscane, de la côte est de la Corse, et du nord-ouest de la Ligurie. Leur présence diminue dans les zones plus profondes.
- Abondance : En 2006, la population totale est estimée entre 884 et 1023 individus dans tout le sanctuaire, répartis en deux sous-populations principales :
- Toscane : 510-552 individus.
- Corse nord-ouest : 368-429 individus.
- Déplacements : Les dauphins montrent un comportement résident avec des déplacements moyens de 50 km. Quelques individus parcourent jusqu’à 427 km, suggérant des liens entre sous-populations.
Recommandations
Les auteurs proposent la création de zones spéciales de conservation (SAC) sous la directive Habitats, couvrant les zones critiques pour les dauphins, et appellent à une coordination internationale pour protéger les corridors écologiques.
Conclusion
Cette étude fournit des informations essentielles pour la gestion de la population de dauphins dans le Sanctuaire Pelagos. Les résultats soulignent l’importance des collaborations internationales pour garantir la conservation de cette espèce vulnérable en Méditerranée.
David, L., & Di-Méglio, N. (2011). Maritime Traffic and Cetaceans in the North-Western Mediterranean Sea: First Results of IMPACT-CET®. Presented at the 2nd International Conference on Marine Mammal Protected Areas, 7–11 November 2011, Fort-de-France, Martinique.
Ce poster présente les résultats préliminaires du programme IMPACT-CET, qui vise à évaluer les impacts du trafic maritime sur les cétacés dans le nord-ouest de la Méditerranée, en mettant en évidence les zones à haut risque de collision et de perturbation. L’étude se concentre sur deux grandes espèces, le rorqual commun (Balaenoptera physalus) et le cachalot (Physeter macrocephalus), ainsi que sur le dauphin à gros nez (Tursiops truncatus), particulièrement sensible aux perturbations des bateaux de plaisance.
Objectifs
- Cartographier la répartition du trafic maritime et des cétacés.
- Identifier les zones à haut risque de collision ou de perturbation.
- Proposer des solutions de mitigation adaptées.
Méthodologie
Les données ont été collectées entre 2005 et 2010 grâce à :
- Des relevés aériens et maritimes, selon des transects linéaires.
- Des données radar sur le trafic maritime issues de tours de surveillance.
- Des modèles d’analyse géographique pour croiser la distribution des cétacés et l’intensité du trafic maritime.
Résultats principaux
- Les rorquals, espèce pélagique, sont exposés aux collisions principalement dans le centre de la mer Ligure, où le trafic est dense, surtout de nuit.
- Les cachalots, préférant les marges continentales, sont vulnérables près des côtes françaises et italiennes.
- Les dauphins à gros nez subissent des perturbations importantes dans les eaux côtières peu profondes (<200 m) dues aux bateaux de plaisance.
Recommandations
Les solutions proposées incluent :
- L’adoption du système REPCET pour signaler en temps réel les cétacés aux navires.
- La réduction de la vitesse des navires dans les zones critiques.
- L’éducation des usagers maritimes et la mise en place de refuges marins pour réduire les perturbations.
Conclusion
IMPACT-CET fournit une base scientifique solide pour orienter les gestionnaires des aires marines protégées dans la réduction des impacts du trafic maritime sur les cétacés.
Di-Méglio, N. et David, L. (2010).
Synthèse des connaissances sur l’impact du trafic maritime. Rapport final, SIG 3M – PELAGOS France, Juin 2010.Accordion title 1
Synthèse des connaissances sur l’impact du trafic maritime. Rapport final, SIG 3M – PELAGOS France, Juin 2010.Accordion title 1
Ce rapport analyse les impacts du trafic maritime sur les cétacés dans le Sanctuaire PELAGOS en Méditerranée. Il examine trois effets principaux : le dérangement physique, la pollution sonore et les collisions. Ces impacts, souvent cumulés, perturbent les comportements naturels des cétacés, affectant leurs capacités de communication, de nourrissage, et de reproduction.
Dérangements physiques
Les cétacés réagissent au trafic maritime par des comportements d’évitement, des changements d’activité, et une augmentation de leur dépense énergétique. Le bruit des navires perturbe leur communication et masque les sons nécessaires à la localisation des proies. Ces effets sont particulièrement marqués pour les espèces comme le rorqual commun et le cachalot.
Collisions et risques associés
Les collisions avec des navires, surtout rapides ou de grande taille, constituent une menace majeure. Ces événements sont plus fréquents dans les zones où le trafic maritime est dense, telles que la mer Ligure centrale et le canal de Corse. Le rapport identifie des « zones à haut risque » et propose des mesures pour réduire les collisions, telles que la réduction de vitesse et l’ajustement des routes maritimes.
Recommandations et solutions
Le rapport mis en avant des solutions technologiques, comme le système REPCET, pour une détection en temps réel des cétacés, et insiste sur la formation des équipages maritimes. Des initiatives internationales sont également évoquées, soulignant la nécessité d’une coopération entre les acteurs locaux et internationaux.
Contribution de Cybelle Planète
Les données de Cybelle Planète ont enrichi les analyses, notamment en identifiant les habitats critiques et les zones de passage des cétacés. Ces informations sont essentielles pour développer des mesures de gestion adaptées au Sanctuaire PELAGOS.
David, L. et Di-Méglio, N. (2010).
Prévention des collisions entre navires et grands cétacés (Rorqual et Cachalot) . Rapport final, GIS 3M – PELAGOS France, Juillet 2010.
Prévention des collisions entre navires et grands cétacés (Rorqual et Cachalot) . Rapport final, GIS 3M – PELAGOS France, Juillet 2010.
Ce rapport examine les risques de collision entre navires et grands cétacés, notamment le rorqual commun ( Balaenoptera physalus ) et le cachalot ( Physeter macrocephalus ), dans le Sanctuaire PELAGOS. Il identifie les zones à haut risque et propose des solutions pour réduire ces impacts, essentielles pour protéger ces espèces menacées.
Problématique principale
Les collisions maritimes constituent une menace significative pour les cétacés, en particulier dans le Sanctuaire PELAGOS, où les densités de navires et de cétacés se superposent. Chaque année, des dizaines de rorquals et de cachalots sont tués ou blessés. Les rorquals, souvent heurtés par des ferries et des navires marchands, sont particulièrement touchés dans les zones de fort trafic maritime.
Résultats principaux
- Zones à risque : Le centre de la mer Ligure, le canal de Corse, et les abords de la côte continentale française sont identifiés comme des hotspots critiques pour les deux espèces. Les risques sont amplifiés par le trafic nocturne et par la vitesse des navires.
- Projections futures : Les risques de collision devraient augmenter d’ici 2020, notamment sur les routes Marseille-Corse et Toulon-Gênes.
Solutions proposées
- Réduction des vitesses des navires dans les zones critiques.
- Mise en œuvre de technologies de détection (par exemple, REPCET) pour alerter les navires de la présence de cétacés.
- Modification des routes maritimes pour éviter les habitats clés.
- Sensibilisation des acteurs maritimes et formation des équipages.
Contribution de Cybelle Planète
Les données fournies par Cybelle Planète ont permis de cartographier les zones à haut risque et d’informer les décisions stratégiques. Ces données enrichissent les modèles de distribution des cétacés et orientent les recommandations de gestion.
Di-Méglio, N. et David, L. (2010).
Suivi temporel du Sanctuaire PELAGOS par transects mensuels au large et réflexion sur des méthodologies de monitoring . Rapport final A3-1 SIG 3M – PELAGOS France, Mars 2010.
Suivi temporel du Sanctuaire PELAGOS par transects mensuels au large et réflexion sur des méthodologies de monitoring . Rapport final A3-1 SIG 3M – PELAGOS France, Mars 2010.
Ce rapport souligne l’utilisation de méthodes de suivi pour la surveillance des cétacés dans le Sanctuaire PELAGOS. L’objectif est de documenter les fluctuations saisonnières des populations de cétacés et de tester des méthodologies de surveillance, combinant des observations par bateau et hélicoptère, avec des transects prédéfinis ou aléatoires.
Contexte et objectifs
Les données estivales sur les cétacés du Sanctuaire PELAGOS sont abondantes, mais celles des autres saisons manquent. Cette étude vise à combler ces lacunes, en explorant notamment la faisabilité de différentes stratégies de suivi. Les résultats alimenteront les modèles de distribution et la photo-identification des cétacés.
Méthodologie
Les transects ont été réalisés mensuellement entre 2007 et 2009. Les missions en bateau et en hélicoptère ont permis de comparer deux approches pour l’échantillonnage :
- Transects prédéfinis : Itinéraires fixes parcourant des zones clés du Sanctuaire.
- Transects aléatoires : Itinéraires orientés sur des opportunités d’observation.
Les données environnementales, y compris la température de surface et la concentration en chlorophylle a, ont été intégrées pour analyser les corrélations avec la présence des cétacés.
Résultats clés
- Les rorquals communs et les dauphins bleus et blancs dominent les observations.
- Les transects prédéfinis montrent une efficacité accrue pour la collecte de données standardisées, tandis que les transects aléatoires sont mieux adaptés pour détecter des concentrations imprévues de cétacés.
- Les variations saisonnières des cétacés coïncident avec les fluctuations de la température de l’eau et de la productivité primaire (chlorophylle a).
Conclusion
Le rapport recommande une combinaison des méthodes testées pour une surveillance efficace, associée à des efforts de collaboration régionale. Les données fournies par Cybelle Planète ont enrichi les analyses en renforçant la précision des modèles d’habitat des cétacés.
David, L., Di-Méglio, N., Paklepa, B., & Monestiez, P. (2010). Potential and Limits of Aerial Surveys for the Monitoring of Marine Mammals. Presented at the Annual Conference of the European Cetacean Society, 22–24 March 2010, Stralsund, Germany.
Ce poster examine l’efficacité des relevés aériens pour surveiller les mammifères marins, en comparaison avec des relevés réalisés depuis des bateaux. L’étude se concentre sur deux espèces cibles : le rorqual commun (Balaenoptera physalus) et le dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba), dans le nord-ouest de la Méditerranée, entre 2006 et 2009.
Contexte et méthodologie
Les relevés aériens permettent de couvrir de vastes zones marines rapidement, mais leur efficacité dépend de plusieurs facteurs. Les données ont été collectées via :
- Relevés en bateau : réalisés dans le cadre des programmes « IMPACT-CET » et « Cap/Objectif Cétacés », utilisant des transects linéaires.
- Relevés aériens : réalisés depuis un hélicoptère de la marine française, avec un observateur unique.
Les analyses incluent des méthodes géostatistiques et des modèles de distance pour estimer les taux de détection.
Résultats
- Rorqual commun : Les tailles de groupe sont similaires pour les deux plateformes. Cependant, le taux de détection en hélicoptère est plus faible, principalement en raison du temps limité que les rorquals passent en surface. Une correction annuelle basée sur ce facteur est nécessaire pour aligner les résultats.
- Dauphin bleu et blanc : Les relevés aériens sont moins fiables pour cette espèce, avec une variabilité élevée des taux de détection liée aux conditions environnementales et aux comportements des groupes.
Conclusion
Les relevés aériens sont utiles pour surveiller les rorquals communs, à condition d’être couplés à des campagnes marines pour des corrections. Pour les dauphins bleus et blancs, des biais importants persistent, nécessitant des ajustements méthodologiques. Les plateformes d’opportunité, combinées à des protocoles rigoureux, offrent une solution prometteuse pour surveiller les cétacés sur de vastes zones.
